
Curaçao et Saint-Vincent-et les Grenadines, les Caraïbes autrement
Ces deux destinations sont proposées depuis l’an dernier par Exotismes grâce au partenariat avec les hôtels Sandals. Mais d’où viennent et que cachent ces îles de rêve anglophone et néerlandophone, encore peu connues des touristes Français ? Décryptag
Curaçao, la plus sud-américaine des îles
Avec une superficie de 444 km² (moins que l’Andorre) et environ 150 000 habitants, Curaçao est, avec Bonnaire, Grenade et Trinité & Tobago, la plus méridionale des îles Caraïbes. C’est bien simple, seuls 145 kms la sépare des côtes vénézuéliennes. Autant dire que sa réputation d’île décontractée, avec un brin d’âme latine, n’est pas usurpée. A Curaçao, il y ainsi plusieurs langues officielles : le papiamentu (créole local, mélange de langue africaine, d’espagnol, de portugais, de néerlandais, de français et d’anglais), le néerlandais et l’anglais. Dans la vie de tous les jours, les habitants parlent le papiamentu.

En 1499, l’Espagnol Alonso de Ojeda
Si le néerlandais est langue officielle, c’est que l’île vit depuis des siècles dans le giron du royaume des Pays-Bas. Avec la France, l’Angleterre, l’Espagne et le Portugal, la Hollande fut en effet la 5ème grande puissance coloniale des Caraïbes et d’Amérique du sud. En plus de Curaçao, les îles voisines d’Aruba et de Bonnaire sont aussi rattachées à la couronne néerlandaise. Peuplée à l’origine d’amérindiens Arawaks, l’île est « découverte » en 1499 par Alonso de Ojeda, lieutenant de Christophe Colomb. Elle resta espagnole pendant plus de 130 ans, jusqu’à l’arrivée des Hollandais.

Peter Stuyvesant, premier gouverneur
En 1634, les Bataves en font leur tête de pont dans la région, administrée par la Compagnie néerlandaise des Indes occidentales. Un explorateur bien connu des fumeurs (ou anciens fumeurs) est nommé gouverneur : Peter Stuyvesant. Dès lors débute autour des plantations agricoles un trafic d’esclaves depuis le Ghana, l’Angola et São Tome, à destination de Curaçao mais aussi des Antilles. 500 000 esclaves auraient été reçus ou auraient transité par l’île entre 1640 et 1863. Ils furent accompagnés par des Hollandais mais aussi des Anglais, des Français et des sud-américains. Le papiamentu en usage sur l’île vient donc de ce melting-pot, apparu dès le milieu du 17ème s.

Attaques françaises et anglaises
Pendant 80 ans, les Hollandais durent ensuite repousser des attaques anglaises et françaises. Les premiers occupèrent l’île de 1800 à 1803 puis à partir de 1807. L’autorité hollandaise fut restaurée en 1816, après la signature du Traité de Paris. Après la fin de l’esclavage, actée en 1863, l’économie de l’île périclita et il fallut attendre 1919-1920 pour qu’elle prospère à nouveau. Ces années là, la découverte de puits de pétrole au large du Venezuela incita Shell à bâtir l’une des plus grandes raffineries du monde à Curaçao, attirant de nouveaux migrants.

Willemstadt, une capitale à l’UNESCO
Après la guerre 39-45, les insulaires exigent plus d’autonomie de la part des Pays-Bas. Les Antilles néerlandaises sont créées et Willemstad, principale ville de Curaçao (classée de nos jours à l’UNESCO), devient leur capitale. Depuis le début des années 1990, l’île mise sur le tourisme pour développer son économie. Devenue « Etat autonome au sein du royaume des Pays-Bas » (comme Sint Maarten), Curaçao a de nombreux atouts à vendre. Sa « carte postale touristique » fait état de 35 plages, d’une palanquée de sports nautiques à pratiquer, de nombreux spots de plongée, d’expériences gastronomiques « fusion » pléthoriques, de quartiers d’architecture néerlandaise, de zones rurales traversées de routes sinueuses, de grottes, de parcs nationaux… Bref, d’un panel parfait d’attractions (sur lesquelles nous reviendrons bientôt), avec les hôtels, pour un séjour décalé remarquable.

Saint-Vincent-et-les Grenadines, l’archipel aux 32 îles et bancs de sable
Eparpillée entre Saint-Lucie (au nord) et la Grenade (au sud), l’archipel de Saint-Vincent-et-les-Grenadines recèle un certain nombre d’îles et d’ilots dont le nom parle à tous : Canouan, l’île Moustique et les Tobago Cays sont entrées dans le panthéon des îles paradisiaques et upper class réservées à des happy few dont les magazines sur papier glacé racontent la vie glamour à longueur de pages… tropicales. Saint-Vincent-et-les-Grenadines, c’est donc, d’abord, Saint-Vincent. L’île majeure de la destination n’est pas sans rappeler, par sa forme, sa voisine Sainte-Lucie, en format réduit.

Sable noir et blanc
Kingstown, sa capitale (rien à voir avec la grande ville de Jamaïque), est une cité joliment empreinte de torpeur tropicale, avec sa cathédrale, ses marchés colorés, son Fort Charlotte et ses jardins et parcs botaniques. L’île abrite un volcan actif et une forêt connue pour ses immenses bambous et fougères arborescentes, prétextes à des randonnées qui permettent d’apercevoir aussi le célèbre perroquet jaune, vert et bleu de Saint-Vincent. Côté plage, enfin, du sable blanc et noir et quantité d’occasions de snorkelling ou de plongée – nous y reviendrons dans un prochain article.

Moustique, repaire de grandes fortunes
vant de parler Histoire, un mot sur quelques-unes des îles Grenadines. La minuscule Young Island est faite pour le repos et la plongée (récifs coralliens). Bequia est un écrin aux plages idylliques et aux collines verdoyantes, abritant un sanctuaire de tortues. Canouan est prisée des golfeurs et des plongeurs, avec sa barrière de corail. Petit Saint-Vincent, comme l’île Moustique, est un repaire pour grandes fortunes. Les Tobago Cays est un spot très connu de plongée, abritant un faune marine très riche. L’île Union est réputée très escarpée. Toutes ces îles plutôt tournées vers un tourisme haut de gamme appartiennent à une même démocratie parlementaire, rattachée au Commonwealth. Leur caractère anglophone ne fait donc aucun doute.

Guerre de Sept Ans
Christophe Colomb aurait mis le pied sur l’île Saint-Vincent en janvier 1498, jour de la… Saint-Vincent. Ce qui lui aurait, peut-être, valu son nom. Y vivaient alors des indiens Karib, qui se mêleront plus tard, à la fin du 17ème s., aux esclaves africains, pour former une population métisse. L’île est longtemps âprement disputée entre Anglais, Français et Néerlandais. Les Français l’occupent un long moment, avant que les Britanniques ne remettent la main dessus en 1762, durant la guerre de Sept Ans. En 1763, l’officialisation de son retour au sein de la couronne d’Angleterre est actée… mais la France s’en emparent à nouveau en 1779, pour les rendre aux Anglais quatre ans plus tard.

111 000 habitants
Après une révolte des indiens Karib, ceux-ci sont déportés dans des îles situées au large de Belize et du Honduras. Après l’abolition de l’esclavage, l’île voit arriver de la main d’œuvre portugaise et asiatique, dès la seconde moitié du 19ème s. Associée au Royaume-Uni, qui est représentée sur place par un gouverneur, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, membre de la communauté caraïbe CARICOM, a une superficie totale de 390 km² et est peuplée de 111 000 habitants.

Dernière mise à jour : 14/03/2025
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